Benighted Soul est un groupe de métal à chant féminin issu de Lorraine. Fondé en 2003 par Jay, Djang et Jeyms, il évolue dans un style tantôt rock, tantôt métal symphonique. Mélangeant efficacement ces deux univers, le groupe continua sa route durant 5 ans jusqu'à l'émergence de leur premier EP, Anesidora. Entre mythologie, mélodies épiques et voix cristalline et profonde, Benighted Soul est un groupe à garder en tête!

- Pourquoi avoir choisi les mythologies grecques et égyptiennes comme thèmes pour votre premier EP ?

Jay : En fait sur Anesidora, il s'agit uniquement de mythologie grecque. J'aime beaucoup cette civilisation et je trouve que la mythologie est une source d'inspiration inépuisable. Ce qui surprend, c'est la modernité des sentiments qui y sont exprimés, toujours actuels. Pour cette raison, j'ai voulu mettre en scène des personnages mythologiques (Pandora ou Médée) et montrer que ces personnages ne sont pas si éloignés de nous. Néanmoins, sur notre premier album, il faudra s'attendre à trouver d'autres thèmes moins en rapport avec la mythologie, mais surprise, surprise...;)

- Vos mélodies rappellent un peu une ambiance de film épique. Vous êtes vous inspirés de quelques grands compositeurs holywoodiens tels que Hans Zimmer ?

Niko : oui probablement… Il n’empêche que le morceau instrumental « Blood of Achiles » (entièrement composé par notre claviériste Flavien) ressemble à mon avis plus à une BO d’un film de Tim Burton. La ligne directrice que nous prenons pour la composition des séquences de notre 1er album est assez différente de ce qui se fait dans le genre en tout cas. Nous tentons un virage plus électro, moins « orchestre symphonique pompeux à souhait » et plus rentre dedans. A voir ! - Pouvez-vous me parler de vos influences musicales et de ce qu'elles vous ont apporté dans la mise en place de votre groupe, dans la formation de votre univers ? Jeyms : Nous avons tous des horizons musicaux assez variés ; métal, bien sur, dans toutes ses formes, du plus violent au plus… calme, rock-pop, musique classique... S’il fallait mettre des noms sur tout ça, pour nous cinq, je citerais Pantera, Korn, After Forever, Nightwish, Opeth, Dimmu Borgir, Porcupine Tree, Ayreon, Pink Floyd, Danny Elfman, et tellement d’autres... Bien sur, toutes ces influences ne se ressentent pas à chaque instant dans nos titres, mais elles sont gravées dans nos esprits, et ont forgé notre manière à chacun d’écrire et de ressentir la musique .Tout cela nous amène à bien des discussions lors de l’écriture et des arrangements de nouveaux morceaux !!

- Pour Jay : On ressent dans ton chant une excellente maîtrise vocale. Quelle a été ton parcours artistique ?

Jay : Merci beaucoup! Mon parcours a pourtant été assez chaotique. J'ai commencé à prendre des cours de chant à l'âge de 16 ans, peu avant de rentrer dans Benighted Soul. J'ai tout de suite voulu m'orienter vers l'étude du chant lyrique. Je sentais vraiment que c'était ce qui me correspondait. Le problème c'est qu'on ne tombe pas toujours sur des professeurs dignes de ce nom, capables de vous enseigner une bonne technique. J'ai eu plusieurs professeurs qui n'ont pas eu les meilleurs effets sur ma voix... En 2007, j'ai enfin rencontré un professeur sérieux et parallèlement, j'ai entamé une rééducation en orthophonie qui a duré quelques mois, afin de repartir sur de bonnes bases. A cette même période, j'ai aussi beaucoup travaillé ma voix rock afin de me diversifier. C'est à ce moment là qu'on a enregistré « Anesidora ». J'ai eu un parcours chaotique, certes, mais j'ai beaucoup appris des erreurs passées. Aujourd'hui, je sens enfin ma voix s'épanouir pleinement, se construire. C'est un réel plaisir que j'espère pouvoir vous faire partager pleinement sur l'album.

- Vous avez enchaîné les concerts depuis la sortie début 2008 de votre EP, Anesidora. Comment vous sentez vous sur scène devant toute cette foule de fans ?

Jay : C'est toujours quelque chose d'indescriptible...Surtout quand le public participe beaucoup. C'est enivrant de voir tous les bras se lever quand vous lancez un public, de voir les gens chanter les paroles de vos chansons... C'est juste quelque chose d'incroyable qui me rend toujours très impatiente de remonter sur scène! Djang : Idem. C’est quelque chose de merveilleux ! Ils nous mettent à l’aise, parce qu’ils savent nous montrer de mille façons qu’ils aiment notre musique ! Les petits stress d’avant concert sont donc très vite dissipés (sourire)… Il y a tellement de moments intense durant les concerts, où les sentiments sont échangés entre nous et nos fans ! Ils vivent notre musique avec nous ! On ne peut pas passer à côté de ça… Parmi nos fans, beaucoup se sont d’ailleurs regroupé depuis peu sous le nom de « The Melophores », c’est à la fois une équipe qui nous aide et nous soutient depuis plusieurs années maintenant, et en même temps un fan-club, qui n’a de cesse de s’élargir et qui nous suit dans un maximum de nos concerts ! Je les remercie tout spécialement. Niko : Et bien c’est assez étrange... C’est tellement lié à l’état de fatigue ou de préparation du show ! Sur certains concerts, nous n’avons même pas eu de balance et un temps ridiculement court pour changer de plateau… Dans ces conditions, tu entammes la prestation avec beaucoup d’anxiété ! Tu te poses 200 questions tout en jouant, du genre : «est-ce que mon retour séquences va bien fonctionner ? Ai-je bien serré mon pied de caisse claire ? etc… » Jusque récemment, j’étais paralysé par la peur de me gauffrer et d’entraîner avec moi tout le groupe dans des abysses de honte… Evidemment ça a fini par arriver ! Mais presque personne n’a entendu et je n’ai reçu aucune canette sur la tête ! Mainenant, je stresse beaucoup moins et je prends même plaisir à être sur scène.

- Que pensez- vous de la scène métal française actuelle ? Y a-t-il des groupes qui vous servent d'exemples ?

Djang : Il est impossible de ne pas parler de Gojira… Avec une telle réussite à l’internationale, des tournées avec Lamb of God, Children of Bodom, Behemoth et bien d’autres ! Ils sont un exemple à suivre, peut-être même des extra-terrestres ! Mais il y en a beaucoup d’autres et dans des styles variés, je citerais Fairyland, Lyzanxia, Ultra Vomit, Dagoba… La scène Metal française me paraît se porter plutôt bien ! Niko : je pense aussi qu’elle se porte bien mais qu’elle est saturée par un trop grand nombre de groupes. Il y a trop de clones à mon goût, et au final il ne reste que très très peu de groupes arrivant à en tirer un revenu suffisant pour en vivre. C’est une situation en constante évolution dans un contexte qui mêle l’apparution de moyens de diffusion ouverts à tous comme MySpace, la crise du disque et la crise tout court… Les vieux repères explosent, les labels ou maisons de disques n’investissent plus un rond et le système D est plus que jamais d’actualité. Alors oui, il n’y a jamais autant eu de groupes de metal en France, mais il n’a jamais été autant difficile d’espérer en vivre qu’à l’heure actuelle. Je ne pense pas que l’effet sur la qualité de notre metal hexagonal soit positif, d’autant plus que nous n’avons toujours pas accès à quelque média de masse que ce soit…

- Voici une question à laquelle chaque membre peut répondre : Y a-t-il un groupe dont vous révériez de faire la première partie ?

Jeyms : … la première partie du concert de reformation de Pantera ?! Ca c’est du rêve…

Niko : Dream Theater ou Porcupine Tree, ça m’irait bien

Djang : Effectivement, pour rester dans le rêve, une première partie pour After Forever aurait été géniale (sourire). Bien sur, si on reste dans le concret, un seul groupe… c’est trop dur… je dirais Gojira, Delain, Epica, Nightwish, Kamelot,… pour ne pas dire tous les groupes que j’apprécie !

- Enfin, vous être entrain de composer votre premier album. Comment avance votre recherche de label ?

Jeyms : Nous avons bien sur déjà des contacts avec certains labels, plusieurs nous ont envoyé un contrat, mais nous voulons prendre notre temps et choisir la meilleure proposition. Aujourd’hui, nous concentrons nos efforts sur la composition et la production de l’album… tout en gardant un œil sur ce que l’on nous propose.